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Buyu ne lo : si Nengone* m’était contée

26 août 2021 L'actu locale Oralité Théâtre
Buyu ne lo © Julie Maresq
Buyu ne lo © Julie Maresq
Dans une mise en scène ultra vivante mêlant théâtre, chant, danse et musique Wenic Bearune revisite le conte écrit par Alexandre Burane Trimari, Buyu ne lo (Le lézard et l’oursin). La comédie musicale made in nengone sera jouée au centre culturel Tjibaou pour le Loyalty Festival les 3, 4 et 5 septembre prochains.

Un mythe fondateur

Buyu ne lo (Le lézard et l’oursin) raconte le peuplement de la tribu de Penelo, sur l’île de Maré, là d’où est originaire le metteur en scène Wenic Bearune. Ce dernier s’est déjà emparé de cette pièce diffusée notamment aux Festival des Arts du Pacifique aux Salomons il y a près de dix ans.

Un vent nouveau souffle aujourd’hui sur la mise en scène qui relie les arts. Elle associe la troupe de danse Wangeko du Wetr (Lifou) ainsi que le musicien Steeve Hnaia (Étoile du Sud) au chant et à la guitare, et la jeune Watetabine Bearune au violon pour des ambiances tantôt inquiétantes, tantôt joyeuses ou émouvantes.

À des temps ancestraux, « Lo » (l’oursin), représenté sous les traits d’une déesse et interprété par la brillante comédienne Ibel Pime, échoue sur le rivage de Nengone. Après plusieurs infortunes, elle rencontre le chef du territoire Buyu (le lézard) qu’elle parvient à conquérir. Leur union, fusion de la terre et de l’eau, de l’homme et de la femme réunis par l’igname, scelle les fondements d’une nouvelle civilisation basée sur l’adaptation de la tradition et la parole donnée…

La tradition au présent

Sur scène, une dizaine d’enfants apprentis comédiens donnent la réplique avec brio aux acteurs de la troupe Roiso, parmi lesquels Wenic lui-même. Ces jeunes pousses insufflent une fraîcheur à l'ensemble tandis que les passages de danse offrent des respirations cadencées dans le fil de la narration.

La scénographie minimaliste, au décor quasi nu, valorise le texte incisif d’Alexandre Trimari. Très imagée, comme le sont les contes kanak, la pièce en nengone et en français, au-delà du mythe fondateur, s’appuie sur de nombreux ressorts dramatiques. Elle nous parle d’amour contrarié, évoque les mariages arrangés, mais aussi la difficile transition entre passé et présent qui tend à creuser un fossé entre les générations.  

La morale, scandée telle un slam par Wenic Bearune sur une danse toute en délicatesse, aborde des valeurs fortes de la nouvelle civilisation telles que l’hospitalité, et la faculté que possède la tradition de s’adapter aux changements en accueillant l’étranger pour renaître telle l’igname. « La tradition ressortira neuve et transformée » clame le narrateur.

Si le genre s’apparente à la comédie musicale, on est tout de même loin de West Side Story, avec finalement peu d’instants chantés. La musique jouée en live, entremêlant le son frappé du bambou pilonnant et des sonnailles, les lignes mélodiques de guitare et les vibrations lancinantes du violon, habille à merveille les dialogues et les situations. Wenic Bearune réussit le pari de réinventer le conte traditionnel, en proposant une œuvre contemporaine et vivante dont le fond demeure intact. 

Mention spéciale au final chanté par la troupe au grand complet, sur un titre composé en lifou et en maré par Honoré Bearune, du groupe Yenu.

 

La pièce était jouée les 3, 4 et 5 septembre au centre culturel Tjibaou dans le cadre du Loyalty Festival.

 

* nom de l’île de Maré ainsi que de la langue qui y est parlée

 

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