Tél: 28 20 74 Contactez-nous Rechercher

Rejoignez-nous! facebook Youtube Soundcloud

[Chronique musique] Marcus Gad meets Tamal – Brave New World

4 novembre 2021 L'actu locale Musique
Marcus Gad meets Tamal - Brave New World

Le « mystique sans frontières » Marcus Gad et le beatmaker parisien Tamal (aka Clément Thouard) : voilà bien longtemps que ces deux-là se sont rencontrés à un carrefour reggae. Après plusieurs collaborations, l’avènement de ce Brave New World (référence au roman d’anticipation cauchemardesque d’Aldous Huxley, 1932) marque la réponse du binôme aux turbulences nées de la crise sanitaire mondiale.

Est-ce l’effet des confinements de 2020, qui coupaient les créateurs du monde extérieur ? La maturation de cet univers bigarré ressemble à une tentative brillamment menée de retrouver dans la texture numérique de nos vies des sensations plus physiques, sensorielles. Il y a dans ce son « électro-roots », tour à tour granuleux, crépitant, vibrant, quelque chose de l’ordre du tactile qui nous happe sans plus nous lâcher.

En quête constante sur le fond comme la forme, la voix du chantre Marcus nous mène en des détours inattendus, toujours maîtrisés. Ici en « crooner » aux inflexions chaudes qu’on ne lui connaissait pas (le très « soul » Young One), là en guide spirituel sur une cadence ragga en terre marocaine (Tempo). Parfois le débit est acharné comme un coureur de fond en petite foulée : « Never… never… never take away my sunshine... », mantra proféré sur le refrain de Sunshine. Le phrasé psalmodié, scandé, rappé, soudain chantonné pour un refrain, contribue à façonner un album tout en reliefs. On ne boudera pas notre plaisir sur le fantastique Callin I Tribe. Des vapeurs électroniques jaillissent bwanjep et aé-aé pour nous entraîner en une terrestre pulsation, que renforcent les chuintements familiers aux amateurs de kaneka.

Pour autant, cette ambiance sonore née de la science du sorcier esquisse presque un voyage en « préhistoire psychédélique », rappelant les sonorités oniriques des Pink Floyd, période Relics. Au fil des douze pistes, les outils numériques abolissent autant les époques que les frontières, convoquant des instruments référencés (du lutar berbère à l’orgue Hammond) sur les arrangements électroniques.

Condensées et jamais surchargées, les productions sont d’une saillante efficacité. Les boucles rythmiques et mélodiques naviguent entre dub, rap, trip-hop ou thème de film (Careful what you wish for), provoquent des images obsédantes tels l’écho. Les samples piochent dans les actualités environnementales apocalyptiques (Between the lines) ou les archives historiques (l’introduction de Break the Spell). Si les deux morceaux One Day et Treasure semblent moins ancrés donc moins inspirés, c’est dans l’interprétation comme la production, preuve par l’exception de la symbiose nécessaire entre les deux créateurs.

Le message véhiculé se teinte lui aussi d’humeurs contrastées. On sent poindre dans les textes l'inquiétude d'un chaos difficile à circonscrire, sans résignation pour autant. Le constat de logiques destructrices à l'oeuvre est compensé par un appel au retour de valeurs humanistes, ou à une connexion plus spirituelle à la Nature. Une basse, un ruisseau, le rythme d’une respiration : ainsi pourra-t-on se relaxer et se recentrer avec la courte pièce méditative Look Around. Comme l’impression d’une aube se levant sur un Monde où le pire n’a peut-être pas encore tout à fait gagné.

© Sylvain Derne

Partenaires

Nos contacts

C/O A.D.C.K - Centre culturel Tjibaou
Rue des Accords de Matignon 
Baie de Tina
BP 378
98 845 Nouméa Cedex
Nouvelle-Calédonie

Tél: +687.28.20.74
Accueil du public sur RDV

Inscription newsletter

Abonnez-vous à la newsletter pour toujours plus d'infos !

Oui, j’accepte de recevoir cette newsletter ! Je comprends que je peux me désabonner facilement et à tout moment.

* Les champs marqués d'un astérisque sont obligatoires.