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Créer devant la maison

3 août 2021 L'actu locale Danse
©Leila Photography
©Leila Photography
Espace d’expression de plusieurs générations de danseurs.ses, Nyian marque ses 20 ans avec la diffusion de trois spectacles. Deux reprises et une nouvelle création – Sous Perf - qui sonne comme un aboutissement et un retour aux fondamentaux.

Déjà deux décennies que le chorégraphe Richard Digoué a fondé le collectif Nyian - histoire en Djubea Kapume. Pour l’occasion, il s’installe avec onze danseurs.ses dès la fin du mois d’août et jusqu’à la mi-septembre au centre cultuel Tjibaou, où se joueront La Légende et Popinées, deux reprises créées respectivement en 2000 et 2004 au même endroit, mais aussi, Sous Perf, une nouvelle pièce, au fil rouge évocateur : la Transmission, à l’heure d’Internet et des réseaux sociaux…La vocation de cette création inédite est à l’image de l’esprit de Nyian et de son fondateur : donner la parole aux danseurs et danseuses du pays, tisser des ponts entre les univers artistiques et créer du lien entre les gens.

Si Richard se fait un devoir de transmettre à ses cadets, ce qu’il souhaite avant tout, c’est comprendre cette jeunesse qui grandit dans une société dont les repères ont été bouleversés en 30 ans.

C’est ainsi que le directeur artistique a fait le choix de façonner ce spectacle en 3 étapes lors de résidences accueillies à Voh, Kaméré ou encore Lifou. « L’idée, souligne-t-il, est de revenir à la base, de montrer que l’extérieur est propice pour créer. Avant qu’il y ait Le Rex et toutes les autres salles, on créait dehors, dans la rue, devant la maison ».

Comme un retour à l’essentiel, les temps de création s’intègrent intimement avec les lieux où ils prennent place. À Voh, lors de la première résidence, les danseurs ont collaboré avec des musiciens du Département des Musiques Traditionnelles et des Chants Polyphoniques Océaniens pour élaborer la matière sonore à partir d’instruments naturels (bambous, sonnailles…).

La deuxième étape s’est déroulée dans la salle polyvalente de la médiathèque de Kaméré du 19 au 23 juillet, où les portes grandes ouvertes sur le parvis ont incité les curieux du quartier à s’arrêter. Laura Wadrawane, médiatrice culturelle, chargée de faire le trait d’union entre les danseurs et les habitants précise : « Nous n’avons pas souhaité mettre en place d’ateliers avec des inscriptions car on sait qu’on ne va pas toucher le public qu’on souhaite atteindre, à savoir les 12-25 ans qui ne fréquentent pas les structures municipales. Là on est en open space. On leur dit juste, on est là, venez nous voir ».

Si les jeunes viennent à la rencontre des grands frères bien connus du hip hop, surtout pour admirer des prouesses techniques, c’est un premier contact qui permet néanmoins d’entamer la discussion et de recueillir des témoignages, des histoires de vie en rapport avec le sujet du spectacle. Ce partage est l’occasion pour les interprètes de s’inspirer de ces propos pour travailler sur leurs textes. Comme l’exprime Abel Naperavoin, à l’affiche de la pièce : « Au lieu d’être seul et de chercher la matière dans sa tête, on va sur le terrain, la matière elle est constamment autour de nous, on a juste à puiser. Il suffit de savoir regarder et retranscrire ça dans les textes et dans le mouvement ».

Le travail passe aussi par l’analyse de l’environnement comme en témoigne Richard : « Ici, on est dans un poste d’observation. On regarde le fonctionnement tout autour de nous. C’est un travail de labo, on expérimente le terrain, on observe le rapport à l’espace, à l’environnement avec tout ce passage où les gens ne s’arrêtent pas forcément. Ce sont des sujets sur lesquels on peut réfléchir ». 

Cette résidence organisée en collaboration avec la ville de Nouméa, correspond à une réorientation de la politique de médiation culturelle de la commune vers plus de proximité, ainsi que l’exprime Cyril Pigeau, chef de service : « Notre objectif est avant tout de créer une rencontre et des échanges formels ou informels entre les artistes en pleine création et les jeunes du quartier, et de voir ce qui peut en sortir. La matière artistique est un langage universel ».  

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© Éric Dell'Erba

Une formule qui semble fonctionner puisque les jeunes et moins jeunes ont été nombreux à s’arrêter pour regarder, échanger, interroger, tissant ainsi les fils d’un dialogue fertile.

Cette manière d’aborder la création est aussi un moyen de désacraliser ce processus auprès du grand public, en lui permettant d’y avoir accès en toute simplicité.

La prochaine et dernière étape se déroulait à Lifou, en partenariat avec d’anciens danseurs hip hop passés par le collectif, et ayant quitté Nouméa. Guidés par cette même volonté de créer du lien, les artistes avaient à cœur de travailler autour de la notion d’enracinement et du rapport à la terre exprimés dans le mouvement.

Diffusion au centre culturel Tjibaou

Sous Perf est la première des trois pièces de Nyian jouée dans le cadre des 20 ans du collectif, les 13 et 14 août. S’ensuit la reprise de Popinées, les 27, 28 et 29 août et La Légende le 17 septembre.

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C/O A.D.C.K - Centre culturel Tjibaou
Rue des Accords de Matignon 
Baie de Tina
BP 378
98 845 Nouméa Cedex
Nouvelle-Calédonie

Tél: +687.28.20.74
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