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Kaneka 100% féminin

6 juillet 2021 L'actu locale Musique
Roumadyval ©Imag'in
Roumadyval ©Imag'in
Précieuses et essentielles, les voix féminines de la musique kaneka sont sous les feux des projecteurs pour deux soirées de concert, les 23 et 24 juillet prochains au centre culturel du Mont-Dore.

Kaneka au féminin est le premier concert du genre. Wayenece Wayenece, le président de l’association Pacific Way, créée en 1984 pour contribuer à la promotion des jeunes artistes, constate : « Dans les concerts de kaneka, les femmes sont souvent noyées dans le groupe ». C’est pourquoi l’organisation a souhaité saluer « celles qui ont œuvré à faire rayonner des titres et des groupes de kaneka. Ce concert est aussi l’occasion d’encourager les talents émergents à se lancer en solo »,  précise Jessica Outhemek, secrétaire de l’association, elle-même artiste (Fenalusy’K et Jesseli). Et elles sont nombreuses ! Plus d’une quinzaine de chanteuses au total se partageront la scène du centre culturel du Mont-Dore sur l’ensemble des deux soirées.

Remercier les « défricheuses »

Le concert rend hommage aux pionnières, telles qu’Edelo, Bisso (qui ne peut être présente), Valérie Koneco (Becim) ou Hnatr, figures incontournables des prémices du genre musical phare du pays. Elles ont ouvert la voie aux générations suivantes : « Elles nous ont donné de l’assurance pour monter sur scène. On se disait que c’était possible » assurent à l’unisson Clarisse Zohune (Roumadyval), Jessica Outhemek ou Suzanne Wadra (Peo).

Valérie Koneco fut l’une des toutes premières dans les années 90 avec le groupe Becim. Après avoir commencé au côté de Yata à Montravel, elle poursuit l’aventure musicale à Koné, à la tribu de Baco d’où est originaire sa mère. « À l’époque, il n’y avait pas de femmes sur scène. Les mamans avaient tendance à considérer que ce n’était pas leur place. » Les vieux lui confient pourtant des textes en haeke, la langue de Baco, pour qu’elle les chante. Valérie, plus inspirée à l’époque par la musique soul et groove, se sent alors investie d’une mission. Elle créé Becim avec des musiciens du collectif Dacim. Ils enregistrent leur première cassette de kaneka en 1995, sur laquelle la chanteuse compose un titre. « C’était une vraie aventure. J’allais répéter tous les vendredis soir après le travail. Et l’expérience du studio a été très enrichissante, elle nous a permis de travailler de manière plus professionnelle », relate-t-elle avec entrain. Heureuse d’avoir servie d’exemple à d’autres talents féminins, elle se réjouit de constater la présence affermie et affirmée des femmes sur scène.

 

Encourager la jeune génération

Aujourd’hui Roumadyval ou Maja, pour ne citer qu’elles, ont en effet pris la relève avec brio. « Pour notre génération, souligne Clarisse Zohune, leadeuse de Roumadyval depuis 2005, ça a été plus facile de monter sur scène. Les mentalités ont évolué depuis les débuts du kaneka. Il faut dire que ce sont des hommes qui m’ont encouragée à faire un album ». Et c’est souvent le cas pour bon nombre d’entre elles, comme Jeanne Hué, repérée par le responsable de la Maison de musique de Magenta où elle répétait avec Clarisse, et confortée par sa famille, ou encore Maja, soutenue par son frère. L’entourage est primordial pour oser se lancer. Car « c’est un grand pas à franchir que de chanter seule » relate Suzanne Wadra qui a sorti un album en 2008. « On chante toujours en groupe, les taperas ou le kaneka. Ce n’est pas évident de se mettre en avant » poursuit-elle. Clarisse ajoute : « Nous kanak, on doit naviguer entre deux mondes, celui occidental et celui de la coutume. Dans ce dernier, on sait qu’on doit rester à notre place ». Ce qui n’empêche en rien de faire de la musique sur scène. Peo explique : « Les femmes sont discrètes, car dans la coutume, ce sont les hommes qui sont devant. Mais notre rôle y est central ». Et les femmes ont une place toute aussi importante dans les groupes de musique de kaneka. 

Kaneka au féminin.jpeg
Pacific Way

Leurs voix sont en effet indissociables des superbes harmonies qu’on peut entendre dans les formations des îles notamment. Jessica Outhemek indique : « Les femmes sont souvent des choristes qui occupent des places lead », à l’instar d’Angela Kapoua de Fenalusy’K ou encore Peo et Rosina, chanteuses au côté de Vevelan ou Sadro

La case « choriste » semble en tous les cas être le point de départ de toutes ces artistes de kaneka. Et bien plus qu’un genre, cette musique représente leur identité culturelle, profondément ancrée. « Le kaneka, c’est la racine. Il faut le jouer pour qu’il reste vivant », explique Clarisse.

Ce concert est donc l’occasion d’applaudir plusieurs générations d’artistes féminines qui ont marqué de leur empreinte le mouvement kaneka et de redécouvrir des titres phares de leur carrière avec une programmation différente chaque soir. Tous les détails sur la page Facebook de l’association Pacific Way, en attendant l’ouverture de la billetterie Eticket.

Un événement qui pourrait devenir un rendez-vous annuel du calendrier culturel calédonien…

Les artistes à l’affiche : EDELO, BECIM, HNATR, JEANNE HUE, MAJA, FENALUZY’K, ROUMADYVAL, MAÏRÉ, JESSELI, ISALINE, ROSINA, PEO, MANYADEB & MME WANAKS, ÉLISA ET JULIE.

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