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D'1 Rive à l'EAU-tre

21 septembre 2017 Le Mag Musique
Attention, événement ! À partir du 5 octobre, chant baroque et danse hip-hop vont fusionner sur scène. Le spectacle D'1 rive à l'EAU-tre promet une rencontre forte et inédite entre les vingt-six choristes du groupe Vocal et six Bboys, d'abord séparés, peu à peu réunis et enfin baignés de la même eau artistique.Un battle improbable accompagné par cinq musiciens du Conservatoire, un DJ, du mapping... Rencontre avec Tommy Mana, chef de chœur, Pascale Doniguian, choriste et initiatrice du projet, et Gérôme Atufele, aka Bboy Lomès, chorégraphe.

Endemix : Comment est né le projet de réunir chant baroque et danse hip-hop dans un même spectacle ? 

Pascale Doniguian  : C'est au départ l'idée d'un des choristes, qui avait vu cette alliance en Métropole entre un orchestre baroque et des danseurs hip-hop, une confrontation de la voix et du corps. Il m'avait sollicitée pour qu'on laisse aller notre imagination, qu'on s'approprie cette fusion, dans le prolongement de La Rencontre des mondes (le spectacle du groupe Vocal en 2015, ndlr). L'idée n'est donc pas une invention mais c'est notre création, avec le hip-hop d'ici et la tradition kanak. Cette fusion, c'est aussi la part d'utilité sociale que peut apporter l'art.

Pourquoi avoir choisi ce style si particulier du baroque ?

Tommy Mana : C'est un répertoire un peu déjanté, on peut se permettre certaines libertés scéniques, mais aussi au niveau musical, avec les appoggiatures, ces petites notes d'ornement. Ce côté osé du baroque correspond bien au thème. Et surtout,      il y a ce côté très expressif, qui va au fond des sentiments, avec un figuralisme très fort.

Comment vous, les danseurs, avez-vous accueilli cette idée ?

Lomès : C'est un peu nos habitudes d'aller tester des choses qu'on ne pensait jamais pouvoir faire. Ça va surprendre beaucoup de gens qu'on associe le chant classique avec quelque chose qui se passe dans la rue. Au début, on n'était pas très conscients de ce que ça représentait, et petit à petit on a commencé à se rendre compte de la grandeur du projet. Symboliquement, c'est très fort. 

Comment va se dérouler le spectacle ?

Tommy Mana : Dans le premier tableau, chacun sur sa propre rive s'ignore ; d'un côté, nous les choristes avec le répertoire baroque, de l'autre, les danseurs avec une musique urbaine. À l’issue du premier tableau, un petit intérêt se fait jour quand les danseurs reprennent en murmurant une mélodie du dernier chant. Dans le deuxième tableau, le mélange commence à se produire, danseurs et chanteurs se rapprochent, et les morceaux baroques vont commencer à être intégrés par le DJ. Le troisième tableau, c'est la fusion, avec une complicité dans la pratique artistique.

Lomès : À la fin on va mixer le hip-hop, le style baroque et notre culture traditionnelle du pays, ça va être un sacré final !

D'où viennent les six danseurs choisis ?

Lomès : Il y a quatre membres de Résurrection, un du groupe Hall Dance Addict et un de Urban Breaker Crew. Lors du geste coutumier que Vocal est venu faire à Rivière-Salée, le hasard a voulu qu'un membre de HDA et un membre d'UBC soient présents, du coup on s'est dit que c'était un signe et on a choisi de les prendre dans le projet. 

Le spectacle réunit deux styles musicaux très éloignés mais, plus que ça, deux mondes différents...

Tommy Mana : Il se trouve que le groupe Vocal répète au collège de Tuband, dans les quartiers Sud, et les danseurs s'entraînent à la maison de quartier de Rivière-Salée. C'est donc, sans caricaturer, deux univers qui se rencontrent. 

Lomès : Nous, danseurs de Rivière-Salée, on va jouer au Conservatoire, et les chanteurs vont venir au Mouv', une structure de notre quartier. C'est vraiment d'une rive à l'autre. 

Tommy Mana : Si personne ne fait le pas vers l'autre, il n'y aura jamais de mélange, or c'est bien que les portes des pratiques artistiques soient ouvertes, même si ça peut parfois choquer les puristes. Moi qui ai une formation classique, universitaire en musicologie et au Conservatoire, je pense que c'est une bonne chose. On peut apprécier la musique savante et vouloir créer ces mélanges. Les arts, c'est ça, le partage des émotions.

Lomès : Pour moi, ça a toujours été important de créer des liens entre des quartiers différents pour changer les mentalités, faire évoluer le pays, chacun dans son art, chacun à sa façon. C'est la première fois que le hip-hop va entrer au Conservatoire pour un grand spectacle. Pour moi, en tant que chorégraphe, c'est un grand défi.

C'est aussi un défi pour Vocal ?

Tommy Mana : C'est un vrai challenge technique. Les choristes sont des amateurs. Anna Rochelle, qui est professeure de chant, chef de chœur et enseigne la musicologie à l'université de Bourgogne, nous accompagne pour la troisième fois. Elle nous a donné des outils pour être efficaces, pertinents, précis dans l'interprétation du style baroque.

Quels morceaux interpréterez-vous ?

Tommy Mana : Il y a treize morceaux. On peut citer, dans le premier tableau, le Stabat Mater de Pergolèse, le Lascia ch'io pianga que chante Farinelli, ou le Magnificat de Pachelbel. Dans le deuxième tableau, un chant d'un anonyme péruvien du XVIIe siècle, Anac pachap, en langue quechua, va être l'occasion de commencer à créer la fusion avec les danseurs. 

Pascale Doniguian : Là par exemple, c'est une création pure de Tommy, ce titre chanté d'abord au rythme d'une procession, ensuite très rapidement, puis par les danseurs, jusqu'à le transformer complètement. C'est vraiment l'idée de chanter des morceaux déjà arpentés et de les revisiter à l'aune de nos diverses influences. Chacun sort de sa zone de confort.

Tommy Mana : Dans le dernier tableau, on chantera le Gloria de Vivaldi et une pièce contemporaine parlée rythmée, que les danseurs vont intégrer pour fusionner avec les choristes. Le dernier morceau sera un “ae” qui sera mélangé au Gloria, cette fois déformé, et qui permettra de faire entrer le DJ, l'objectif étant de créer la fusion presque parfaite entre des instruments traditionnels kanak et la formation orchestrale baroque, composée de deux violons, d'un alto, d'un violoncelle et d'une claviériste qui jouera de l'épinette.

Vous répétez depuis février. Comment travaillez-vous ensemble ?

Tommy Mana : On s'est retrouvé à trois moments, avec le metteur en scène Dominique Jean. On avance ensemble.

Lomès : Dominique est là pour travailler les transitions, le projet se construit petit à petit, ça donne envie.

Les 5 et 6 octobre, à 20 h, au Conservatoire de musique et de danse de Nouvelle-Calédonie
Les 27 et 28 octobre, à 20 h, au Café musique Le Mouv' à Rivière-Salée
Le 17 novembre, à 20 h, au Dock socioculturel de Païta

 

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