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Le Chapitô - Critique Caillasse

11 août 2017 L'actu locale Théâtre
visuel
Comment, avec très peu d’objets et surtout aucune cloison, crée-t-on l’image de l’enfermement et de l’oppression ? La compagnie du Chapitô fournit quelques éléments de réponse avec son spectacle Caillasse révélant les schémas psychologiques qui découlent de l’incarcération, la folie en premier lieu. Rémy Vachet, à l’écriture et sur scène, accompagné de Rémi Leduc, a adapté la pièce Expédition Paddok d’Olivier Germser de la troupe Tango Sumo, en lui donnant un ancrage calédonien avec la trame du bagne, tissée sans aucune prétention historique. Ce qui importe, c’est le ressenti, la réflexion, l’émotion et la poésie. Pari gagné !

Sobre décor que ce lit en ferraille avec son polochon en plume. Étranges comédiens que ces deux silhouettes vêtues des mêmes motifs que les draps. Paradoxalement, ce dépouillement matériel permet de mettre au grand jour le foisonnement, le feu d’artifices d’idées à l’œuvre dans la tête de cet « enfermé » incarné par Rémy Vachet. Quand le second personnage apparaît, on ne sait s’il est son ami imaginaire ou un des fantômes de sa vie passée, mais il est ce sentiment d’ouverture. La narration de cette pièce de théâtre gestuel se déroule au rythme du mime, des chants, de quelques mots, de cascades et d’acrobaties (voir p. 22). Les enfants rient de ce qu’ils croient être des pitreries, alors que les adultes comprennent peu à peu que la colère de l’enfermement s’est évaporée, que la solitude s’est installée et que la folie a gagné le prisonnier, jusqu’à l’irréversible.

Les deux Rémy/i livrent une performance de comédiens remarquable dans un spectacle sensible, maintenant pendant une heure le spectateur sur le fil ténu qui sépare le rire et les larmes, la cruauté et la poésie, l’imaginaire et la réalité. Caillasse offre un excellent exemple de théâtre de rue – trop rare sur le territoire calédonien – où le trottoir est scène et où le public (libre) doit être captivé pour ne pas poursuivre son chemin. Avec ce sujet universel, cette expérience de l’enfermement qui peut arriver à tout un chacun, Caillasse crée un lien d’intimité tenace entre les comédiens et les spectateurs qui espèrent qu’à l’issue de la pièce, les deux personnages retrouveront leur liberté. Et, pour en être vraiment certains, ils restent jusqu’à la fin.

 

Par Claire Thiebaut 2017

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