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Le Chapitô de Nouvelle Calédonie

10 août 2017 Les articles Théâtre
visuel
Entretien avec son nouveau directeur Rémy Vachet

Endemix : Rémy, pouvez-vous vous présenter au public calédonien…

Rémy Vachet : Je suis rentré en Nouvelle-Calédonie en septembre 2015, pour notamment reprendre la structure du Chapitô, suite au départ d’Anne-Sophie Conan, partie en Bretagne pour lancer un projet similaire. Après treize ans de vie en France pour les études et le début de ma carrière, j’avais envie de revenir. Le Chapitô était une très bonne opportunité ! C’est un monde que je connais bien car j’ai longtemps été intermittent du spectacle, pendant et après mes études. Avec des amis artistes, on a créé en 2007 le Cirque Rouages, une compagnie d’arts transversaux de danse, de musique, d’agrès, de théâtre, de chant et de cirque sous chapiteau ! En 2007, la même année que la création du Chap’ NC, on a aussi investi dans une première toile, puis une deuxième plus importante en 2012.

On connaît l’énergie qu’Anne-Sophie Conan a investie dans le projet initial. Comment vous a-t-elle transmis « son bébé et son combat » ?

En février 2015, j’ai pu la suivre lors de ses rendez-vous avec les artistes, les institutions, les partenaires. Elle a été très attentive à ne pas trop m’influencer, pour que je puisse me faire mes propres avis. Par contre, elle m’a vraiment conseillé de prendre soin de l’équipe. C’est comme une famille ! Tout le monde est parfaitement rôdé et tous les membres s’investissent à fond, d’autant que sur chaque implantation on reste deux semaines sur site sans rentrer chez soi. Personnellement, je me suis aujourd’hui totalement engagé dans cette aventure qui a la force de réunir les ambitions.

 

Le Chapitô est une structure unique en Nouvelle-Calédonie. Quelle place souhaitez-vous lui donner dans le paysage culturel local ?

Quand nous nous déplaçons et nous implantons le Chapitô, on est dans un partage à 100 %, tant dans le spectacle qu’en buvant le café sur la natte. Itinérance signifie aussi accueil, on doit s’installer sur un terrain qui appartient à quelqu’un. Rester quinze jours quelque part permet de créer une proximité sincère entre nous et les habitants. Au début, on fait un geste pour dire bonjour, et à la fin, on fait le geste pour dire au revoir et là, tout le monde pleure. On désacralise l’artiste en le rendant facilement accessible.

On dit souvent qu’on se sent investis d’une sorte de mission de service public. Nous ne sommes pas que des prestataires de spectacles. Il y a une part d’éducation et de partage dans l’action du Chapitô. Un enfant qui voit un beau spectacle va pouvoir commencer à réfléchir sur l’art et sa culture, va peut-être même vouloir devenir artiste. On croit aussi avoir un rôle de poids dans le développement et l’aménagement du territoire. Dans une commune, j’estime qu’il faut une pharmacie, un magasin… et un lieu culturel ! Le Chapitô peut remplir ce rôle-là, temporairement.

 

Itinérante, la structure est aussi gratuite. Dans les conditions budgétaires actuelles, cette gratuité pourrait-elle être remise en question ?

En fait, la gratuité est la raison d’être du Chap’! Elle représente la garantie d’offrir un accès à tous. La gratuité c’est l’égalité, la rencontre et la fraternité, toutes ces valeurs fondamentales et nécessaires à la construction du pays. Si on commence à faire payer les spectacles, même une somme symbolique, ce serait comme ouvrir la boîte de Pandore. Chaque année, on augmenterait nos recettes et face à cela, les subventions baisseraient et dans cinq ans le Chapitô c’est 2 000 francs l’entrée, et cela en segmenterait l’accès et mettrait en place une politique de ciblage des populations.

Cette gratuité, de manière paradoxale, nous permet aussi de sensibiliser le public à la valeur des arts et de la culture. À chaque représentation, on place un panneau devant l’entrée qui explique notre vision de la gratuité. Il précise comment le spectacle a été financé, car ce n’est pas parce que l’accès est gratuit qu’il n’y a pas d’économie autour de la création artistique.
Puis, on présente les contingences budgétaires, le fait qu’on pourrait très bien faire payer l’entrée pour s’en sortir, mais que, finalement, on préfère faire appel à la générosité du public. D’où le chapeau qui trône dans l’entrée…

Quels sont les projets pour 2016 ?

Du 1er au 10 avril nous serons au Mont-Dore pour diffuser la compagnie de cirque de Métropole Barosolo et participer à des ateliers avec les enfants des centres de loisirs de la commune. Une formation professionnelle en art de rue aura aussi lieu sur ces dates avec Nicolas Turon, de la compagnie des Ô. On sera ensuite à Dumbéa pour l’Omelette géante les 23 et 24 avril. Nous célébrerons la centième implantation à Kaala-Gomen avec le grand et le petit chapiteau et puis on se déplacera à Poya. Ensuite viendront Gouaro Deva et la fête des communautés et Houaïlou avec le festival des Moins grands en partenariat avec l’AFMI.

En parallèle, un projet logistique est en travail : si on trouve une commune qui peut nous mettre à disposition gratuitement un terrain avec eau et électricité, cela nous permettrait de réaliser des économies sur la location d’espaces de stockage. Le terrain servira aussi de point de chute. Quand nous rentrons de tournée, la toile pourra y être montée et mise à disposition des compagnies pour des répétitions. À terme, cet espace pourrait devenir un pôle de décentralisation pour les artistes. Désenclaver la culture fait partie des concepts de base du Chapitô, qui a été créé pour que les compagnies jouent dans un équipement professionnel.

P18_Photos Chapitô (c) Claire Thiebaut-12.JPG
Claire Thiebaut

Un mot pour conclure ?

La situation du Chapitô, comme bien d’autres structures, est complexe et cela prend du temps pour trouver des nouvelles sources de financement : il faut chercher des mécènes et des sponsors, évaluer les dons, améliorer le marketing et la communication pour être mieux connus et éventuellement louer le Chapitô, tout en gardant l’esprit culturel bien entendu !

 

*Propos recueillis par Claire Thiebaut 

2016

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