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Linda Kurtovitch au coeur de la création*

21 octobre 2020 Export Danse
visuel
Depuis le 3 août, la danseuse Linda Kurtovitch est accueillie à la cité internationale des arts à Paris pour la création d’un solo chorégraphique. À mi-parcours de son séjour de 14 semaines, elle raconte son expérience faite de recherche, d'introspection, de doute, de remise en question et d’étincelles, dans un contexte quelque peu singulier de crise sanitaire. Extraits choisis de son carnet de bord…

Linda Kurtovitch s’est donc installée dans les murs de la fondation, en plein cœur du Marais pour 14 semaines :

« Lieu de vie et lieu de travail. Je dors au 4ème étage et le studio de répétition est au -1 : Ça pour moi c’est le rêve. J’occupe tantôt un studio de 100m2 tantôt celui de 70m2. Avec piano. 142 heures au total. Parfait. »

La CIA accueille jusqu’à 200 artistes venus des quatre coins du monde. Un vivier bouillonnant de rencontres et d’échanges en temps normal. Mais dans ce quotidien masqué, hydro-alcoolisé et imposant une distanciation entre les individus « on ne se rencontre pas comme on est censés se rencontrer. C’est moins l’histoire du masque, c’est plus que cette crise sanitaire nous a tous un peu forcé à nous replier sur nous-mêmes […] » explique l’artiste. La Cité internationale des Arts a tout de même dû fermer ses portes au public et annuler ses rendez-vous hebdomadaires. Mais « si rien ne se passe comme prévu », Paris permet néanmoins de se nourrir d’art et de culture à l’envi. « Les musées sont ouverts, il y a des performances en plein air... » Même en marchant au hasard dans les rues, il y a « toujours quelque chose à apprendre, à découvrir, à retenir. Tout ce que je vois ou entends ici est déjà « rencontre » en soi. »

La danseuse a retrouvé Sacha Terrat, lui-même résident à la CIA l’an passé, qui collabore au projet en créant la partie musicale. Un vrai travail à quatre mains se tissent entre les artistes :

« Nous composons ensemble la musique à partir d’idées parfois très précises et parfois pas ! On fabrique vraiment un univers. Sacha travaille très rapidement et notre binôme fonctionne. Sans trop vouloir en parler, nous sommes en train de réaliser une fresque musicale et on espère embarquer le public quelque part. Tout près, tout contre soi. Au loin aussi. La musique est à l’égal de la danse. Je ne fais pas la différence entre composer la musique et composer le mouvement. […] La musique est l’architecte de mon imaginaire en quelque sorte. »

Pour ce travail de recherche, la danseuse se met dans une posture d’éveil total. Elle raconte comment le processus de création se met à l’œuvre :

« Mon travail consiste à préparer le corps au mouvement et l’esprit à la créativité. Pour ça et pas seulement, je pratique le yoga chaque jour et je marche beaucoup. J’écoute énormément de musique, je lis, je saisis les idées au vol et j’écris ou je dessine, je me laisse rêver, c’est évident. Et je danse.

Une fois dans le studio, une autre forme d’entraînement et de mise en route de la machine se modélise au fur et à mesure. On crée sa méthode et on a ses « trucs » pour faire avancer le travail. Moi ça passe par de l’écriture, des dessins, des lignes et des courbes. La danse. Je pars de zéro en matière de création et d’écriture pour cette « chose » que je fabrique. Pour autant le corps doit répondre « présent », alors on le prépare, on le rend disponible pour véritablement chorégraphier quelque chose qui puisse répondre à l’imaginaire en question. »

Bien qu’en étroite collaboration avec le créateur musical, le travail en solo est un exercice sans pareil qui demande une exploration de ses mondes intérieurs sans pouvoir bénéficier du retour de ses compagnons de scène :

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© Linda Kurtovitch

« Un solo ne se crée vraiment pas comme une œuvre en duo, en groupe. C’est une réelle épreuve et qu’on le veuille ou non, une introspection obligée, qui existe aussi en groupe mais voilée par l’interaction avec l’autre et les bruits de l’autre. […] Parce que c’est un solo et que j’imagine mes deux cerveaux fonctionner à plein régime en permanence. Ça vide et il n’y a personne, sauf la caméra, pour te donner des retours sauf que ça n’est pas en 3D, il faut là encore trouver la méthode pour en tirer des fils interessants. »

La résidence constitue pour Linda Kurtovitch plus qu’un temps de création. Elle « permet de reformuler aussi mon engagement vis à vis de la création artistique et de la transmission de la danse ou toute autre forme artistique. Cette résidence est un temps suspendu utile et nécessaire à tout artiste en recherche et qui souhaite “fabriquer » des créations. On a besoin de ce temps dédié, c’est une première pour moi et je veux déjà recommencer ».

Enfin comme le précise l’artiste, « la plupart des projets artistiques subissent des aléas d'ordre financier, temporel ou humain. Cette création n’échappe pas à certaines contraintes et elle continuera d’évoluer jusqu’à pouvoir se proposer devant public. La rentrée 2021 en Nouvelle-Calédonie semblerait être un bon moment pour la « sortir » dans les salles ou dans d’autres lieux. La forme et les besoins scéniques sont encore en réflexion. »

 

*Projet soutenu par le Poemart.

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