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Chavi

Musique
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Chavi se raconte à l’occasion de la sortie de son nouvel EP, l’Abscène vol.2, disponible depuis le mois d’avril dernier. Rencontre avec celui qui se définit comme l’anti-héros du rap, plus mature mais toujours aussi déterminé. S’il est sans doute un peu moins « speed », il n’empêche que cet amoureux des mots a toujours un projet sur le feu.

A la ville, Chavi est Antoine Ferrari, un jeune homme de son temps. Actif et multi-casquettes : il est éducateur sportif et socio-culturel au quartier de Koutio, animateur radio, rappeur et compositeur insatiable, mais aussi jeune papa depuis l’année dernière. Son blaz, c’est lui-même qui se le choisit à ses débuts du côté de Saumur. Comme un pied de nez à tous les rappeurs de l’époque étiquetés bad boys, lui sera Chavi - du nom du fromage « le crottin de Chavignol » ! Ni un gangster, ni un jeune issu de l’immigration ou des quartiers difficiles, mais un chanteur qui a aussi des choses à dire.

La marque de fabrique de Chavi, c’est incontestablement l‘écriture. Il balance des textes incisifs, cherchant les mots qui tombent à pic, et les unions lexicales improbables, agrémentées de rimes complexes, multi syllabiques. Bref, celui qui apprenait par cœur des albums de rap quand il était petit,  jongle avec les mots et s’amuse de la richesse de la langue française. Mais plus qu’une passion, l’écriture représente pour lui un besoin d’expression presque vital, un acte libérateur, comme il le dit lui-même.  Pas besoin de psy quand coucher ses pensées sur le papier suffit.

Sa passion des mots, il la transmet aux jeunes de Koutio dans les ateliers d’écriture qu’il anime, un engagement social et culturel qui lui tient à coeur, et qu’il estime plus qu’utile, pour ces ados parfois totalement en mal d’expression.

Côté influences, Chavi est un grand fan de rap français. Il se laisse séduire par l’esprit d’Orelsan ou les textes ciselés de Nekfeu, et apprécie tout particulièrement la vibe exaltée du Saian Supa Crew. Il suit également de près la scène locale et l’évolution de ses amis membres du collectif Ina Di Street. Il est notamment très fier du succès de Rasta Vin’s ou Nasty & Reza, et admire des artistes de la nouvelle génération comme Nach et Tetris, « à suivre absolument ! », nous affirme-t-il.

Si le rap a longtemps bénéficié d’une mauvaise presse auprès du milieu professionnel de la musique, Chavi se réjouit aujourd’hui que ce genre longtemps resté confidentiel, s’ouvre au grand public, sensible au flow et à la qualité des textes.

La création

Côté création, Chavi compose à tour de bras, inspiré par les événements de son quotidien, le monde qui l’entoure, et des ressentis personnels plus intimes. Il lui faut une base musicale pour commencer. Et c’est du côté de chez Koyö, son beatmaker, qu’il va chiner et repérer les productions qui l’inspirent et font émerger une image, un univers pour ensuite laisser place à la phase d'écriture.

Loin de lui l’idée de proclamer que l’artiste est doté d’un rôle social, nécessairement porteur d’un message citoyen. Chavi défend un rap conscient et responsable. Si la liberté d’expression doit être absolument entière dans le domaine, « c’est à celui qui reçoit le message d’être en mesure de prendre du recul. » C’est aussi ce travail de sensibilisation qu’il mène auprès des ados en les positionnant du côté des auteurs, pour comprendre qu’on peut tricher ou mentir avec les mots.

La scène

Côté scène, celui qui se dit timide, est pourtant comme un poisson dans l’eau dès qu’il se trouve devant un public. Ses talents d’improvisation et son flow qui fait mouche assurent le show.  « La scène c’est ce que je préfère »  affirme-t-il ! Généreux, il fait ça « pour donner du bonheur aux gens ». Habitué à jouer sur des petites scènes, devant un public plutôt clairsemé, Chavi s’est néanmoins frotté à des live d’envergure pour les premières parties de deux grosses pointures du rap français invités en Nouvelle-Calédonie : I AM et  Joey Star ! Des instants inoubliables, qu’il n’a pas manqué de partager avec d’autres artistes calédoniens, invités sur scène.

La force du collectif

Arrivé en Nouvelle-Calédonie en 2011, Chavi enchaîne très vite les collaborations avec des artistes reggae. Car le rappeur a la fibre roots depuis son adolescence, et l’album Soudwane, sorti en 2013, plus coloré, correspond à sa découverte du pays et son désir de partage. C’est un album qu’il a voulu chaleureux, à l’image de l’île qui l’a accueilli.

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(c)Samuel Breton

Chavi aime les défis et a le goût du partage. Ce qui l’amuse, c’est mélanger les univers quitte à sortir les artistes de leur pré carré. Julia Paul l’a par exemple rejoint à plusieurs reprises pour toaster sur des titres. De son côté, il est fier d’avoir été invité par Senada, un groupe de kaneka made in Maré, pour l’enregistrement d’un titre sur leur dernier album.

Aujourd’hui pleinement investi dans le collectif Ina Di Street, aux côtés de Rasta Vin’s et Pablöw, il est revenu à un ses premiers amours, avec un son résolument rap, qu’il qualifie d’électro alternatif. Ina Di Street, c’est aussi la possibilité de développer le réseau des artistes calédoniens évoluant dans le mouvement hip hop, et d’organiser des concerts collectifs. Pour Chavi, c’est ça la force de l’esprit hip hop : solidarité et art de la débrouille, quand il faut tourner un clip, ou distribuer ses albums, on fait appel au réseau. 

Celui qui revendique son côté « Zor » sans rougir, envisage aujourd’hui de sortir ses prochains titres un par un, sur des plateformes internet uniquement, accompagnés d’un clip. Fini le support CD trop onéreux, et puis comme il le souligne, « l’heure est au numérique », ce qui permet également à la musique de voyager toute seule ». Lui n’a pas l’ambition de s’exporter hors des frontières calédoniennes, et s’atèle plutôt à développer les projets sur le territoire.

Chavi l’hyperactif affirme vouloir désormais prendre le temps, celui de mettre en œuvre ses projets ou encore de profiter de sa fille. Fini l’époque où il courrait après les dates et l’argent, assure-t-il ! Peut-être est-ce dû à la maturité ? Ou serait-ce la force tranquille du rythme îlien de la Nouvelle-Calédonie qui a eu raison de lui ?!

Le volume 2 de  « l’Abscène » est à l’écoute sur iTunes et Deezer, et en vente chez HotSpot et JayStore.

Découvrez la critique musicale de Fofo Syssy par ici.

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