Tél: 28 20 74 Contactez-nous Rechercher

Rejoignez-nous! facebook Youtube Soundcloud

Richard Digoué

Danse
visuel
Enfant des terres multiculturelles de Nouvelle-Calédonie, Richard Digoué est le pionnier d’une danse à la croisée des genres, une manière de se mouvoir qui prend sa source dans sa terre natale et s’épanouit dans le geste contemporain. Depuis 20 ans, le danseur et chorégraphe kanak ne cesse de mettre en scène les corps, tissant des ponts entre les arts et les gens. Parcours d’un « faiseur d’histoires » en mouvement, humble et généreux.

Si Richard est originaire de la tribu d’Unia à Yaté, il grandit à Nouméa, dans un univers pluriculturel qui l’éveille très jeune au monde de l’art, du spectacle vivant, et forge en lui des envies d’ailleurs. D’aussi loin qu’il se souvienne, la danse a toujours été comme une évidence, son moyen d’expression privilégié. Pour l’anecdote, Fame, le film d’Alan Parker, qui a fait vibrer tout une génération – le subjugue et imprime en lui le désir vivace de faire partie d’une telle troupe d’artistes. Dans les années 80, il intègre les écoles de danse de Nouméa, où il découvre la danse classique et le modern jazz.

Puis vient la période des Événements qui le marque profondément et déclenche en lui une conscience nouvelle de l’histoire de son pays. Dès lors sa démarche artistique connaît un tournant : s’impose à lui l’envie, la nécessité de parler du pays, de sa culture. Il travaille avec l’association « Jinu Owa » qui regroupe des artistes kanak et collabore ainsi régulièrement avec des plasticiens pour des performances, exercice qu’il apprécie particulièrement pour la spontanéité de l’instant créatif.

Vers le geste libéré

En 1995 et 1996, il se forme à Montpellier où il rencontre la danse contemporaine. Cette approche du mouvement, affranchie des cadres académiques, est un électrochoc. Il a trouvé son mode d’expression, celui dans lequel les corps parlent librement, en rondeur et fluidité, au sol ou dans les airs.

Il participe à de nombreux workshops dès qu’il en a l’occasion, pour aller au-delà de ses limites, sortir de sa zone de confort, explorer de nouvelles techniques ou sensations, à la recherche de l’inattendu. Mais Richard est de ceux qui prennent le temps, celui d’observer, d’apprendre pour trouver sa voie, celle qui dessinera les contours de sa danse, empreinte d’une sensibilité toute personnelle. Il recherche avant tout « des états de corps », de ceux qui suscitent l’émotion chez le danseur tout autant que chez le spectateur. Car la création est selon lui, l’endroit qui permet de transcender les limites de l’ordre établi et offre une liberté d’expression sans bornes.

Chemin faisant, grandi de ses expériences, il rentre au pays, dans l’idée de fonder sa propre compagnie. Ce sera chose faite en 2000, après trois ans passés dans la toute nouvelle troupe de danse traditionnelle We Ce Ca menée par Tim Sameke. L’opportunité d’un retour à la base, aux racines de la danse avec le traditionnel, le chaînon qui manquait à la maturation de son propre style. Fort de ce nouvel apprentissage, il est enfin prêt à se lancer dans l’aventure de la chorégraphie. Les évènements s’enchaînent avec un naturel déconcertant ;  le tout jeune centre culturel Tjibaou lui commande une création pour la saison 2000. En gestation pendant 9 mois, il donne vie à Nyian (« légendes » ou « histoires ») avec neuf danseurs de Yaness, groupe tutélaire du mouvement hip hop alors émergent. Il a trouvé sa manière de raconter l’invisible, la dualité, de donner un sens au geste. Les bases d’un style nouveau sont posées pour les créations à venir. Il procède de façon exploratoire, par ateliers, par petit bouts d’histoires qu’il colle les uns à la suite des autres pour former un ensemble cohérent.

Coup d’accélérateur

Sa carrière de chorégraphe s’envole, Nyian est repéré au festival d’Avignon et sera joué au Viêt Nam, à Fidji et au Vanuatu. Les projets se multiplient avec ses propres spectacles ou en collaboration avec d’autres artistes locaux (Denise Tiavouane, Paul Wamo, Laëtitia Naud…) ou de l’extérieur (Gilles Portes et Julien Lestel du Ballet national de Marseille pour Le sacre du printemps). En 2010, on lui commande le spectacle de la cérémonie d’ouverture du Festival des Arts de la Mélanésie en Nouvelle-Calédonie. Défi de taille qu’il relève avec brio, et pour lequel il se fait le chef d’orchestre de pas moins de 120 danseurs dans une immense fresque dansée qui retrace l’histoire du pays. De New York en Australie en passant par Cuba, la Nouvelle-Zélande ou la France, Richard Digoué est souvent sollicité, et se lance dans les nouveaux projets avec un enthousiasme renouvelé.

Pour ses créations locales, le chorégraphe s’entoure bien souvent de jeunes danseurs kanak qu’il repère dans le vivier du hip hop, ou de la danse traditionnelle. Il les forme à des techniques différentes, sachant utiliser les ressources propres à chacun pour développer une approche plus contemporaine de leur danse. Si Richard se fait un devoir de transmettre à ses cadets, ce qu’il souhaite avant tout, c’est comprendre cette jeunesse qui grandit dans une société dont les repères ont été bouleversés en 30 ans. Aussi, il n’hésite pas à leur donner la parole, dans « Portraits 1 et 2 » (2013 et 2014), ou en 2019 dans « Je ne voulais pas mourir ». Convaincu que chacun avec son langage corporel a des choses à raconter, il se fait le détonateur de toutes ces histoires, ces mémoires enchevêtrées qui font la grande histoire.

Artiste engagé pour son pays, le danseur à la carrière exceptionnelle, a décidé de prendre un peu plus le temps pour se consacrer à la création, s’impliquant toujours dans des projets pluri-artistiques qui font sens. Les corps ont encore beaucoup de choses à nous dire…

 

Photo ©Romain Etienne (Trajectoires K)

Richard Digoué1.jpg
©ADCK-CCT

Partenaires

Nos contacts

C/O A.D.C.K - Centre culturel Tjibaou
Rue des Accords de Matignon 
Baie de Tina
BP 378
98 845 Nouméa Cedex
Nouvelle-Calédonie

Tél: +687.28.20.74
Accueil du public sur RDV

Inscription newsletter

Abonnez-vous à la newsletter pour toujours plus d'infos !

Oui, j’accepte de recevoir cette newsletter ! Je comprends que je peux me désabonner facilement et à tout moment.

* Les champs marqués d'un astérisque sont obligatoires.